Où l’on attend …

Voilà déjà cinq jours que notre Bigorneau est hors d’usage. Les choses avancent (très) lentement, mais sûrement.

Nous avons d’abord attendu l’expertise du véhicule. Nous sommes assurés à la MAIF. Ils sous-traitent à IMA France qui a lui même un partenaire en Turquie. L’expert a mis deux jours à passer et puis il a fallu attendre son rapport. Il a estimé à 4300€ le montant des réparations. On n’a pas eu le droit de voir le rapport, mais pas besoin d’être un expert pour savoir que ce montant est largement sous estimé (même en considérant la main d’œuvre moins chère en Turquie). Ce montant ne prend pas non plus en compte les dommages « secondaire ». Si le véhicule a pris un coup, il est clair que la cellule a aussi bougée. Il y a des signes qui ne trompent pas : placard qui n’ouvre ou ne ferme plus, lit de la capucine qui ne se déplie plus, chauffe-eau couché, etc. L’expertise met par contre en avant un risque important de dégâts non visible, ce qui va dans le sens d’une réparation en France pour que notre assurance puisse garantir les réparations.

La décision a donc été prise de rapatrier le véhicule en France pour le faire ré-expertiser. Ce n’est pas aussi simple que ça y parait. Effectivement, étant donné que je suis entrée sur le territoire avec un véhicule, c’est stipulé dans mon passeport. Il faut donc qu’une autorité compétente puisse « apurer » le véhicule pour que je puisse sortir et pour que le camping-car puisse sortir sans conducteur ! On sait que Sylvain des Mollalpagas a réussi à sortir de Turquie en avion alors qu’il était entré avec un véhicule (il a fait un aller-retour en France pour récupérer une pièce pour réparer leur tiny). Mais étant donné que c’est l’assurance qui nous prend en charge, on n’a pas envie de prendre ce risque.

Le problème, c’est que la démarche à effectuer n’est pas bien claire. Ni pour nous, ni pour l’assurance. Le premier problème étant de récupérer le rapport de gendarmerie. Lorsqu’on a fait la déclaration, les gendarmes ont été bien clairs avec nous : ils ne pouvaient pas nous le fournir. Simon a alors eu le bon réflexe de faire une photo ! C’est l’assurance qui se charge de le récupérer au bon endroit. Ensuite, on nous a expliqué qu’il fallait envoyer le véhicule à Ankara pour qu’une autorité compétente fasse un papier que l’on doit récupérer nous même. Il faut être clair, les parents de Simon arrivant à Izmir, on n’a pas tellement envie d’aller jusqu’à Ankara. On a donc demandé si la démarche ne pouvait pas être faite ailleurs. Puisque nous sommes le week-end, ça ne peut pas avancer. Il faut attendre lundi.

Nous sommes plutôt rassurés de savoir que notre véhicule va être rapatrié en France. Ça facilite un peu le rapatriement de nos affaires. Je dis « un peu », parce qu’il va quand même falloir vider un maximum de nos affaires. En effet, la porte conducteur ne ferme pas, le camping-car va être transporté sur une dépanneuse. On n’a pas tellement envie de se faire vider la maison en cours de route. Les parents et la sœur de Simon viennent avec des valises presque vides, ils ont droit à trente kilos chacun. Nous aurons droit à vingt kilos chacun. On va donc pouvoir rapporter pas mal de choses avec nous. Pour les objets les plus encombrants, on va les laisser et on doit faire un listing de ce qu’on laisse.

En attendant que toutes les démarches soient terminées, l’assurance continue de nous loger à l’hôtel. Et ensuite, on pourra prendre un vol vers la France (ou vers Genève). On espère encore pouvoir louer une voiture et visiter quelques petits sites sympas. Mais on s’est fait à l’idée que c’est pour nous la fin de la Turquie …

Puisqu’il faut juste patienter, on essaie de s’occuper comme on peut. On a d’abord loué des vélos pour les enfants. Hanaé était super motivée pour pédaler, ça fait plaisir. Le lendemain, on a loué des vélos pour nous. Sauf qu’il faut bien transporter les marmots. On a trouvé un vélo avec un siège, on a mis Hanaé dedans. Pour Mathis, on a fait un truc que je n’aurais jamais fait en temps normal. On l’a mis dans le porte-bébé sur le dos de Simon … Ça nous a permis de trouver un parc à jeux géant. Hier, nous nous sommes promenés à pieds. Simon a tenté de pêcher, on a regardé les bateaux. Pour les jours suivants, on va sans doute louer une voiture, histoire d’aller un peu plus loin (même si on s’est résigné, on a envie quand même de profiter …)

C’est aussi l’occasion de réfléchir à ce qu’on veut faire pour la suite. On ne veut pas rentrer directement à la maison. On a des idées, il faut juste s’organiser un peu pour tout mettre en place !

 

Les parents de Simon et sa sœur Léa sont arrivés. Ça nous réconforte beaucoup. Les enfants peuvent s’occuper avec eux pendant que nous gérons les « détails ». Ils nous ont aussi rapporté du fromage, du vin et de chocolat. De quoi nous remonter le moral ! C’est aussi l’occasion de s’aérer un peu la tête en louant une voiture pour visiter les alentours (plus de détails dans les articles à venir)

 

Ça va maintenant faire quinze jours que nous sommes à l’arrêt. On ne peut pas dire que les choses aient beaucoup évolué. Nous avons vidé tout ce qu’on a pu dans le camping-car. Pour le reste, il a fallu tout emballer de faire un listing précis de ce qu’on laisse. En effet, l’assurance nous a annoncé que le camping-car doit être vide pour être rapatrié. Du coup, normalement, nos affaires vont être transportées à part. Sauf qu’on a environ 3m3 de « bazar » encombrant, détail que l’assurance n’avait pas anticipé … On était très contents qu’Annette et Léa s’occupent des enfants pendant que Guy nous aidait à vider le camping-car (et surtout les bouteilles de gaz, qui ne peuvent pas être transportées pleines). Sans eux, ça aurait été beaucoup plus long et beaucoup plus pénible !

Simon s’est rendu au poste de gendarmerie pour récupérer le rapport de police qui devait nous permettre d’aller à Ankara faire apurer le véhicule (le détacher de mon passeport). Mais quand il est revenu avec le précieux sésame, l’assurance nous a passé un coup de fil. Visiblement, ça ne suffit pas. Il faut également le rapport du tribunal. A peine arrivé, il est donc reparti chez le procureur. Le rapport n’étant pas prêt, nous n’avons rien eu de mieux à faire qu’attendre. Nous avons laissé passer le week-end. Le camping-car a été transféré au centre de douanes à Ankara (soit 650km d’ici quand même…). Aujourd’hui l’assurance nous envoie un message, invitant Simon à passer chez le procureur. La fin de l’attente ? Et bien non, il y est allé pour apprendre qu’il manque un document que la gendarmerie n’a pas fourni. Et puisque demain c’est férié, et bien, le dossier ne va pas vraiment avancer …

Entre temps, Simon s’est aussi battu pour que l’assurance continue à nous prendre en charge les frais d’hôtel. Ils ont trouvé moyen de nous envoyer un mail à 18h30 pour nous indiquer qu’ils arrêtaient de payer. Ça a légèrement irrité Simon. Après un coup de fil assassin, nous avons reçu un nouveau mail : ils ont fait une erreur, il y a une limite de cinq jours de prise en charge des frais dans le cas de réparations d’un véhicule, mais pour un rapatriement, c’est prise en charge des frais jusqu’au rapatriement ! C’est déjà ça de gagné. Sauf qu’à l’hôtel, ils n’ont pas l’air d’être bien au courant de la situation. Chaque matin, ils nous demandent si l’on part !

Nous avons contacté l’ambassade pour expliquer notre cas. Ils nous ont redirigé vers le consulta. Le consul dit qu’il ne peut pas faire accélérer la procédure. Il est conscient que ce genre de démarche est très long en Turquie. Nous l’avons relancé aujourd’hui pour avoir quelques explications claires sur cette démarche d’apurement de véhicule. Nous avons également essayé de recontacter la MAIF pour râler sur l’inefficacité de leur partenaire sur place. Manque de bol, c’est lundi de Pâques …

Puisque nous n’avons plus qu’à attendre, Simon se décide pour faire le stage de plongée qu’il voulait faire depuis un moment. Alors que nous sommes tous à bord du bateau, l’assurance nous appelle. Le procureur a enfin reçu le document qui lui manque. Il faut que nous rentrions le plus rapidement possible à l’hôtel. On les envoie balader, il ne faut pas non plus se moquer du monde. Nous profitons de cette belle journée. Le procureur attendra !

Dix-sept jours après l’accident, c’est en famille que nous nous rendons au tribunal. Bien entendu, quand on arrive, le procureur nous apprend qu’il n’a pas encore regardé le dossier. On lui met un peu la pression avec les enfants, ultra-remontés. Il ne lui faut pas plus de dix minutes pour signer et mettre son tampon sur trois papiers. Nous pouvons enfin repartir !

Le prochain vol pour Ankara est dimanche. Ça permet à Simon de finir son stage de plongée.

Lorsque nous serons à Ankara, on ne sait pas encore trop ce qui nous attend. L’assurance nous a dit que les démarches peuvent être faites dans la journée. On croise les doigts et on espère rentrer en France dans la semaine !

9 thoughts on “Où l’on attend …

  1. On se plaint de l’administration française : là on se croirait aux 12 travaux d’Astérix ! Bon courage pour la fin de votre rapatriement : ça prend quand même comme la bonne direction.

    1. Tout à fait, il nous manque le laissez-passer A-38 … Ca sent la bonne direction, mais on ne veut pas crier victoire trop tôt. On a encore peur d’une mauvaise surprise à Ankara. Et on ne sait toujours pas comment nos affaires restées dans le camping-car vont être transportées …

  2. Bien contente pour vous que la galère se termine ! En tous cas, ça a l’air chouette la Turquie, malgré tout ces problèmes administratifs interminables !
    Grosses bises à vous, bon voyage ! Nous rentrons de Savoie, c’était top comme d’habitude ! A bientôt Estelle

    1. Visiblement, on n’a pas eu notre accident au bon moment. Il y a eu des changements dans les lois au début de l’année, ce qui complique les choses (après, c’est ce que l’assurance nous a dit, mais bon …)

  3. A ce rythme là, on va finir par vous croiser en Turquie! Déjà qu’on voit vos traces sur iOverlander, on sent qu’on est derrière vous 🙂
    Bon courage! Quelle plaie cet accident!

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