Bandar-Abbas

Nous voilà de retour sur la terre ferme. Nous arrivons à Bandar-Abbas en fin d’après-midi, mais la fuite de liquide de refroidissement est trop importante pour qu’on attende. Nous avons repéré un garage sur iOverlander. Mauvaise surprise, il a été transformé en station de lavage. Simon va quand même se renseigner. Un client souhaite nous aider, mais il ne parle pas anglais. Alors il appelle un de ses employés qui va se faire un plaisir de nous aider !

C’est comme ça que nous faisons la rencontre de Sabouri. Il commence par nous conduire dans un premier garage qui appelle un second garage. Le mécano arrive avec sa 125 pour un premier diagnostic. Comme le craignait Simon, il s’agit de la pompe à eau. Il faut tout démonter. Ça va prendre du temps. On sait qu’on ne peut pas trouver de pièces Ford. On a peur que le démontage fasse plus de mal que de bien … Du coup, Sabouri propose de me laisser chez lui avec les enfants pendant qu’il reste au garage avec Simon. On va donc passer deux soirées en parallèle.

Le temps de rouler jusque chez Sabouri, je prépare quelques affaires pour les enfants. Nous arrivons chez lui. Il s’agit d’une immense colloc qu’il partage avec ses collègues. Il me fait faire le tour rapidement. Et me laisse avec ses collègues qui ne parlent pas un mot d’anglais ! Les gars sont très sympa. Ils sortent des fruits pour les enfants et leur dégotent un jeu de construction. Je douche les enfants, on me propose de laver du linge. C’est avec plaisir que je mets tout dans la machine à laver 🙂

Pour le dîner, ils ont commandé des brochettes de kebab. Ils m’installent une nappe pour les enfants et mangent de leur côté. Après le repas, ils se mettent dans une chambre, me laissant l’autre pour coucher les enfants. Mais bien entendu, ce n’est pas aussi simple que ça. J’essaie en vain de les mettre au lit. Je m’allonge avec eux. Je leur raconte des histoires. Je leur mets de la musique. Mais non, ils veulent dormir dans le camping-car avec Papa … J’attends donc patiemment le retour de Simon !

De son côté, il rejoint le second garage. Sabouri l’invite à manger une pizza en attendant que les mécano fassent leur boulot. Mais il préfère garder un œil sur le camping-car. Il emporte donc sa pizza au garage. Le démontage commence. Il faut vidanger le liquide avant de faire tomber le pare-choc, le radiateur, les deux courroies et la distribution pour  enfin accéder à la pompe à eau et identifier le roulement en cause. Sabouri trouve Simon un peu tendu. Et pour cause, voir le camping-car se faire démonter dans un pays où il n’existe aucune pièce Ford et où il nous faut obligatoirement ressortir avec le véhicule à cause du carnet de douane, c’est légèrement stressant. Pour détendre l’atmosphère, le garagiste l’attrape par le bras et l’emmène dans l’arrière boutique. De là il sort de son stock une bouteille de rouge d’Afrique du Sud (oui, oui !). Chacun une grosse rasade ingurgitée il ouvre ensuite son congélateur pour sortir une bouteille de prune made in Iran (au taux indéfini …). La dose enfilée, il sort un rataphia maison auquel Simon réussi à se substituer. La réparation peut continuer. Le garagiste semble savoir où trouver une pièce de remplacement. Il saute sur sa moto avec Sabouri, la pompe à eau sous le bras. Ils reviennent une heure plus tard et semblent satisfait. Le garagiste remonte la pompe. Le remontage terminé Simon est de nouveau “invité” dans l’arrière boutique pour goûter les breuvages maison. Allez, encore un coup de prune avant un dernier petit café pour la route (pas très sérieux tout ça, heureusement Sabouri n’habite pas loin). Au moment de repartir, Simon se retrouve avec deux bouteilles plastiques de ces fameux breuvages (youpi, malgré l’interdiction, on aura de quoi trinquer pour Noël et le Nouvel An quand même !). Quand Simon veut payer, le garagiste n’a pas l’air de vouloir d’argent. Finalement, Sabouri lui fait accepter l’équivalent de 20€. Pour la pièce, elle nous coûte 8€, montage à la presse compris. On s’en sort donc plutôt bien ! Reste à espérer que cela tienne.

Quand ils reviennent chez Sabouri, il est presque 22h. Les enfants pètent le feu, ils courent dans tous les sens.

Après nous avoir offert des fruits, Sabouri insiste pour que l’on dorme chez lui. On a du mal à lui faire comprendre qu’on préfère dormir dans le camping-car. Après d’âpres négociations, on rejoint notre lit en promettant de revenir pour le petit-déjeuner.

Le lendemain, après une bonne omelette accompagnée d’un excellent pain, nous pouvons reprendre notre route.

Nous commençons par chercher un bureau de change avec un taux intéressant. De retour au camping-car Simon remarque une flaque dessous. Verdict : du liquide de refroidissement, merde. Mais heureusement la fuite vient d’une durite donc c’est sûrement un mauvais remontage. Il faut donc qu’on retourne vers le garage. C’est fermé. On se gare devant le temps de chercher à manger. Simon a à peine fini son repas que le garagiste débarque. Il jette un œil. C’est un collier de serrage qui ne fait pas son office. Il commence par en mettre un autre, mais ça ne convient pas. Il va donc en demander un dans le garage voisin, toujours pas bon. Il envoie son employé à mobylette en chercher un dernier. Cette fois c’est bon !

Pendant ce temps, les enfants font de la mobylette et ça leur plaît !

Le garagiste nous invite à passer chez lui. Nous avons envie de quitter Bandar-Abbas au plus vite. Nous refusons poliment et reprenons la route vers Geno.

Cet épisode nous a permis de goûter à la gentillesse des iraniens. Sabouri nous a aidé, hébergés, nourris, lavés et nous a même offert des confiseries à la noix.


5 thoughts on “Bandar-Abbas

  1. Que d’aventures encore et quel accueil. Des modes de vie qui n’ont rien à voir avec les nôtres et où on prend son temps et on se débrouille pour trouver des solutions.

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