L’île de Qeshm

Après de longues heures de route, nous atteignons Bandar-Abbas en fin d’après-midi. Nous avons repéré deux terminaux de ferry. Ne sachant pas lequel prendre, nous y allons au hasard. Manqué, le premier prend uniquement les voyageurs à pieds. Pas plus de succès pour le second, les bateaux partent vers Oman. Il faut continuer beaucoup plus à l’ouest, il nous reste encore quatre-vingt kilomètres à faire pour prendre le ferry. La nuit est tombée. Nous décidons de dormir sur une aire d’autoroute.

Le lendemain, nous arrivons assez tôt à l’embarcadère. Avant de payer le ticket de ferry, il faut obtenir une autorisation. Simon va donc se présenter au bureau avec nos passeports, la carte grise mais aussi le carnet de passage en douane. Il remplit un formulaire digne de ceux que l’on trouve aux frontières ! Nous avons notre autorisation, après nous être délestés de 730000 rials (environ 7€), nous pouvons monter sur le bateau. Ce n’est pas une mince affaire. Nous sommes tellement serrés que nous ne pouvons pas sortir du camping-car. La porte du bateau est à peine relevée derrière nous. On ne peut pas profiter de l’air du large, tant pis …

Arrivés sur l’île, c’est enchanteur. Le paysage est époustouflant. La couleur de la mer juste magique. Dommage que ce ne soit pas bien mis en valeur. On passe devant des immeubles en construction, sans doute pour les touristes. Il y a aussi de gros panneaux publicitaires pour de l’électroménager allemand ou français, ça gâche carrément la vue.

Nous faisons une première halte à Qeshm pour remplir notre bouteille de gaz. Nous n’avons pas besoin de chauffer (le thermomètre affiche 29°C), mais on va quand même devoir cuisiner ! Nous faisons quelques courses. Et puis c’est parti pour le tour de l’île !

En bons touristes, nous suivons les panneaux indicateurs vers une grotte. Les grottes de Kharbas auraient été formées il y a plus de deux millions d’années, suite à un retrait des eaux. Il semblerait qu’elles aient servi de temple pour les adorateurs mithraīstes de la déesse de l’eau et des mers, Anahita.

Puis nous partons explorer la vallée des étoiles. Phénomène géologique très rare, il s’agit d’une vallée sculptée par l’érosion de l’eau. Pendant longtemps, on a cru qu’il s’agissait de débris de météorites. D’où son nom. Nous nous amusons à explorer les lieux.

Hanaé ne tient plus. Il faut qu’elle aille jouer dans le sable ! Nous trouvons donc un bivouac sur la plage. Il fait presque nuit mais tant pis. Elle construit quand même un petit château de sable.

Les enfants se réveillent (très) tôt. Il fait déjà chaud. La plage est vide, nous en profitons pour aller nous baigner. Je ne suis pas censée me mettre en maillot. Mais vu que c’est désert, j’en profite. L’eau est vraiment bonne. Nous ramassons des coquillages sur la plage. Il est temps de repartir.

Nouvelle surprise pour les enfants. Nous prenons un bateau pour aller voir les dauphins. C’est assez incroyable. Ils nagent juste à côté de nous ! En repartant, le bateau fait une petite halte sur une île. Nous y dégustons des sambousek. Avant de retourner au port, nous nous arrêtons pour observer des bancs de poissons. Ils sont très colorés, on se croirait dans les tropiques.

Nous roulons assez pour que les enfants se fassent une petite sieste. Ça nous permet de trouver un coin de bivouac à côté de la plage. Les enfants prennent leur goûter au bord de l’eau, avec le soleil couchant. Une très belle journée !

Levés tôt ce matin, nous partons visiter la grotte de sel. Ce n’est pas très gros, mais assez joli à voir. Il s’agit visiblement de la plus  longue grotte de sel au monde. Nous y rencontrons un couple d’Allemands qui voyagent avec leur bébé et leur énorme chien. Ils ont un magnifique camion de pompiers, ça leur a pris trois ans à aménager … Nous faisons une petite halte mécanique, baignade, pique-nique sur la plage. Mauvaise nouvelle, nous perdons du liquide de refroidissement et Simon n’arrive pas à voir d’où ça vient 🙁

En reprenant la route vers notre bivouac, nous rencontrons Céline et Philippe (Not’B dans la soie). Nous passons un moment à discuter avec eux. Aujourd’hui ils ont du mal à avancer et nous ne les aidons pas. Ils font demi-tour pour partager le bivouac avec nous. Ce soir, nous mangeons autour d’un feu de bois sur la plage et sous une pluie d’étoiles filantes.

Ce matin, la mer est basse. Mais Philippe gonfle quand même son paddle pour faire faire un petit tour aux enfants. Pendant que Mathis fait la sieste, il construit également un super château avec piscine à Hanaé. Du coup, elle a du mal à quitter le bivouac après le déjeuner … Mais il faut quand même continuer.

Alors nous partons découvrir le canyon de Chahkooh . Il a été creusé par l’érosion de l’eau mais ce sont des cailloux qui en tourbillonnant ont creusé de gros trous dans la roche. Il y a plusieurs puits, nous nous rafraichissons et goûtons cette eau sortie du désert.


Nous faisons un petit saut sur le chantier de bateaux. Ce sont des bateaux traditionnels, construits en bois et entièrement à la main. Il faut compter vingt-quatre mois pour douze artisans. Ce sont des bateaux qui servent à la pêche, à la navigation, au transport de marchandises, etc.

Nous terminons notre journée sur le parking de la vallée des statues. Il fait nuit, nous visiterons demain !

Nous entamons donc notre dernière journée par la visite de cette vallée érodée par l’eau. Nous cherchons en vain les statues. Avec beaucoup d’imagination et en plissant les yeux, on distingue presque des visages ! Par contre, on trouve beaucoup de fossiles d’huitres et autres coquillages.

Il ne nous reste plus que la forêt de mangroves à visiter. Il s’agit de végétaux qui ne se développent que dans la zone de balancement des marrées. Au départ, nous décidons de ne pas prendre le bateau. Et finalement, nous trouvons un groupe pour faire bateau-commun. Nous nous approchons donc de ces arbres à racines magiques. Avant de repartir, nous testons une glace au lait de chamelle.

Avant de prendre le ferry, nous nous arrêtons à la station essence. Toujours pas de carte, le pompiste nous invite à partir. Mais deux camionneurs acceptent de nous servir. Nous repartons avec 30l de diesel (0,9€) sans payer 😉

Nous avons adoré cette île. Entre le port et Qeshm, le paysage est très joli, mais pas du tout mis en valeur. Par contre tout le reste est très sauvage, juste magnifique. Nous en avons profité pour bien nous reposer. Ça fait beaucoup de bien.

Maintenant, il faut que nous reprenions la route vers Bandar-Abbas pour trouver un garage et fixer ce problème de liquide de refroidissement …

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