Khiva

Il nous reste encore quatre jours avant de pouvoir entrer au Turkménistan. On se les réserve pour visiter Khiva. C’est une ville assez petite mais il y a beaucoup de choses à voir ! Quatre jours, ça fait beaucoup, mais on a aussi pas mal de choses à faire en plus des visites. Notamment le plein du frigo pour avoir un minimum de choses à acheter au Turkménistan. Comme bien souvent, on commence donc notre visite par le bazar 😉

Nous partons ensuite vers la ville fortifiée. Entièrement rénovée, la ville est très accueillante. Malgré le froid, c’est très agréable de se promener dans les rues. On commence notre visite par la porte ouest, Ota Darvoza (la porte du père). C’était les portes principales de la ville. Elles abritaient le bazar et les changeurs. Elles ont été détruites puis restaurées en 1975 par les soviétiques. On emprunte la belle allée pavée, avec ses boutiques souvenir de part et d’autre.

On passe devant le Kalta Minor (minaret court). A l’origine, il devait atteindre les 70 mètres de haut. Finalement, il ne fait que 26 mètres. Une légende raconte que le Khan de Boukhara projetait de faire enlever l’architecte du Kalta Minor pour faire construire un minaret encore plus grand dans sa ville. C’est pourquoi le Khan de Khiva décida de faire assassiner son architecte sitôt son travail terminé. De peur, l’architecte finit par s’enfuir sans demande son reste et laissant son travail inachevé. Cela dit, il est bas mais superbement décoré de majolique verte et bleue.

Pour les visites, il y a un ticket qui couvre tous les monuments visitables. Ça ne nous intéresse pas. Ça fait beaucoup trop. Par contre, on ne peut pas acheter de ticket à l’unité. Du coup, on ne visite rien …

On passe devant la mosquée Juma Masjid (mosquée du vendredi). On a un aperçu de la forêt de colonnes en bois sculpté qui soutient le plafond de la mosquée. Visiblement, on peut y compter 213 colonnes, toutes d’âges et motifs différents. Les riches pèlerins ou les marchands offraient parfois à la mosquée une colonne sculptée dans le style de leur ville pour remplacer une autre colonne trop âgées.

En continuant, on passe devant le musée d’histoire naturelle. Hanaé est attirée par l’affiche avec un dinosaure. Du coup, on visite. Le musée est construit dans une ancienne madrasa. Les cellules servent de petites salles qui présentent chacune un thème de la nature en Ouzbékistan. On peut y voir des animaux empaillés. On ne peut pas dire que ce soit une grosse réussite. On voit en particulier un mouton à deux corps. Mais le clou du spectacle reste cette salle qui expose deux bébés humains siamois dans du formol. Un véritable cauchemar !

Nous voulons visiter le harem, on demande si par hasard il est possible de prendre un ticket juste pour le harem. Non, pas prévu. La gardienne donne des chocolats aux enfants et nous invite à rentrer sans payer. Chouette ! La cour intérieure est bordée d’une enfilade d’appartements. Un côté pour l’été, l’autre pour l’hiver. Le Khan y résidait avec des quatre femmes. En plus de ses femmes, le Khan entassait en vrac des femmes captives dans les pièces autour de la cour. Il faut aussi ajouter à toutes ces femmes les occasionnels droit de cuissage dont abusaient les khans. On visite aussi le musée de l’artisanat. Au fond du harem sont représentés différents ateliers : forgeron, potier, tissage, cordonnier, etc.

On traverse la place où se tenait le marché aux esclaves. On ressort ensuite de la forteresse par la porte est, Polvon Darvoza (portes géantes). On traverse un passage voûté à six colonnes. Dans les niches aménagées de chaque côté, on enchaînait les esclaves qui avaient tenté de s’échapper. Ils étaient ensuite battus à mort. De l’autre côté de la porte, c’est un tout autre spectacle. Tout a été rasé en attendant de construire de beaux bâtiments tout neufs. Ça manque légèrement de charme …

On retourne vers la forteresse. Nous terminons notre visite par le minaret Islam Khodja. Le plus haut de Khiva, une des dernières réalisations architecturales islamiques en Asie Centrale, il a été construit en 1910. Il avait un triple rôle : religieux, militaire et point de repère (depuis le désert ou au sein même de la ville). Des anneaux rétrécissants sur le sommet le font paraître plus haut qu’il ne l’est. Au grand désespoir d’Hanaé, on nous interdit d’y monter avec des enfants. On n’aura donc pas cette jolie vue …

Mathis râle, il a froid, il est fatigué. Je rentre donc au camping-car avec lui pendant que Simon et Hanaé s’offrent une promenade sur le chemin de ronde.

Nous mettons les deux jours qu’il nous reste à profit pour vider les derniers sums qui nous restent. (En couches pour changer !).

Nous passons notre dernière nuit sur le parking d’un hôtel pour faire notre dernier enregistrement. Nous espérons ainsi prendre une bonne douche chaude et profiter du wifi. Malheureusement, nous subissons une panne de courant touchant la ville entière. Il faut attendre le lendemain pour que ça revienne. On a quand même droit à un petit-déjeuner de rois (des frites au petit-déjeuner !). On écourte les douches pour ne pas arriver trop tard à la frontière.

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