Où l’on repasse en Russie

Juste avant le poste de frontière, on trouve un petit village. C’est tellement glauque qu’on n’ose pas s’y poser pour passer la nuit. On remonte un peu nous planquer dans les montagnes. Par contre, on est vraiment très proches de la frontière, on s’attend à avoir des ennuis.

Effectivement, peu de temps après avoir trouvé notre bivouac, une moto avec deux militaires débarque. Ils veulent voir nos passeports et nos visas. Puis ils repartent sans plus d’explications.

On couche les enfants, on s’apprête à faire de même, cette fois, c’est une voiture qui se met à klaxonner. Au volant, un militaire, avec lui sa femme et sa fille. Il est un poil plus nerveux que les premiers. Il passe un coup de fil et donne le téléphone à Simon. À l’autre bout, ça ne parle pas bien anglais, mais on comprend qu’on ne doit pas rester là. Tant pis, on redescend. (Un grand plaisir pour les enfants qui ne dormaient pas, surtout qu’ils se mettent devant sur mes genoux !)

Réveil matinal. On présuppose que la douane ouvre à 7h. C’est donc contents de nous qu’on arrive dans la file à 6h45. Par contre, on déchante, il y a déjà une quarantaine de véhicules devant nous ! Simon discute avec d’autres chauffeurs. On apprend alors qu’en fait ça n’ouvre qu’à 9h … Bon, c’est raté … La file de véhicules commence à bouger vers 9h45. On ne peut pas dire que les mongols soient ponctuels 🙂 Pendant qu’on patiente, quelqu’un vient nous réclamer 10000 tugriks pour payer une taxe. On explique qu’on a déjà payé cette somme à l’entrée, et on demande pourquoi on devrait repayer. Bien entendu, la dame ne parle pas anglais, ne sait pas expliquer, mais insiste. Finalement, Simon la fait fuir en prétextant qu’on n’a plus de monnaie et qu’on peut payer uniquement si elle accepte la carte. Elle finit par laisser tomber et passe à la voiture suivante !

On ne peut pas non plus dire que ce soient les rois de l’organisation. Comme pour l’entrée en Mongolie, la sortie est épique. On a l’impression que personne ne sait ce qu’il doit faire. On se glisse dans la file de vérification des passeports. Quelqu’un nous en sort pour nous mettre à un autre guichet. On obtient un papier et on nous remet dans la file de vérification des passeports. Pendant qu’on attend, Simon se fait sortir de la file pour une inspection du camping-car. Bien entendu, comme d’habitude, on a pris le guichet avec le fonctionnaire le moins efficace … Mais on arrive quand même à bout de la paperasse. Il est 12h, on sort de Mongolie. Il faut parcourir environ 25km pour arriver côté russe.

Côté russe, c’est mieux organisé, mais pas plus efficace pour autant. On passe d’abord le contrôle des passeports et visas, c’est très rapide. Devant nous, les chauffeurs déchargent leur coffre et posent les bagages sur un tapis roulant, elles sont passées aux rayons X. Impossible pour nous de vider le camping-car, alors deux douaniers montent à bord. L’un d’eux inspecte la trousse à pharmacie pendant que l’autre me demande pour combien de temps on part et si les enfants sont contents de voyager. Le contrôle du véhicule se fait donc très rapidement. C’est après que les choses se gâtent. Il faut re-remplir le formulaire d’importation temporaire du véhicule. On a gardé celui de notre première entrée en Russie, on se contente donc de recopier les informations sur le nouveau formulaire. Mais la personne en charge de la saisie des informations ne semble pas décidée à être efficace. Devant moi, il y a sept personnes. En une heure, elle ne traite qu’un seul dossier. Un autre guichet ouvre, mais il est réservé aux russes et kazakhs. Je ronge mon frein. Finalement c’est à mon tour. Sans comprendre pourquoi, elle barre le nombre d’enfants de moins de 16 ans m’accompagnant. Elle me tend un formulaire vierge et m’invite à refaire la queue : un formulaire raturé n’est pas valide. Là, j’avoue que je perds mon sang froid. Je m’énerve, lui explique qu’il y a bien deux enfants avec moi. Je lui montre l’ancien formulaire, celui qui avait été validé lors de notre première entrée. Elle se met alors à passer des coups de fil, à faire venir du monde, pour finalement s’installer derrière son écran et saisir les informations nous concernant.

Il est 17h. Tout le monde est épuisé, mais nous sommes de nouveau en Russie !

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