Alors la Russie c’était comment ? Les routes

Et bien d’abord, ça roule pas si mal que ça. Enfin, entre nous, la route est globalement plutôt merdique quand même. Mais, on s’attendait à des grosses difficultés mais finalement ça c’est relativement bien passé.

Notre vitesse de croisière est d’environ 70 à 90km/h. Les routes principales sont très droites (sans euphémisme) avec très très peu de feu, de stop et d’intersection. On arrive donc à rouler entre 400 et 600km en une journée sans trop de stress et en préservant la santé du véhicule. D’ailleurs, avec cette vitesse et ce type de route, notre consommation de carburant a diminué d’environ 10%. Cumulé au fait que le coût du diesel est environ 2 fois moins élevé qu’en France c’est un bon point pour notre portefeuille.

Notre grosse inquiétude du départ, de traverser la Russie en 30 jours est donc levée : c’est bien faisable, même avec des enfants en bas âges. Même si on peut quand même faire des pauses régulièrement et prendre un peu de temps quand on trouve un endroit qui nous plait, le rythme relativement soutenu ne laisse pas beaucoup de temps pour les visites et on évite de trop s’écarter de l’itinéraire. On traverse le pays bien plus qu’on ne le visite, mais c’était notre choix pour prendre plus de temps pour la suite du voyage et être synchronisé au mieux avec les saisons.

Bien sûr, pour ne pas nous décevoir, les russes nous ont quand même gardé quelques surprises pour garder un peu de folklore :

  • Des tronçons de route peuvent vraiment être défoncés sans prévenir. L’attention est donc de mise à chaque instant.
  • L’état de certains véhicules laissent aussi parfois à désirer (on se demande comment certains roulent encore). Les vieilles Lada côtoient les Porsche 4×4, les poids lourds et les moto converties en sidecar à grand coup de poste à souder. Avec notre camping-car qui n’a pas de filtre habitacle, les fumées épaisses noir ou blanches embaument rapidement notre intérieur. Suivre un camion sur quelques kilomètres me suffit pour déclencher des maux de têtes pour la journée. Les pannes sur le bord de la route sont légions ici, tout comme les véhicules remorqués, l’éclatement de pneus en court de route (ici on suce la gomme jusqu’au bout, pas de gâchis), et les poids lourds arrêtés en pleine monté à cause d’un moteur essoufflé et parfois même des véhicules en feu ! Les routiers se transforment alors volontiers en mécano pour effectuer eux-mêmes une réparation de fortune ou changer une courroie. Il n’est ainsi pas étonnant de voir régulièrement des rampes en bordure des routes. C’est super pratique, ça me permet de constater que notre fuite d’huile et toujours d’actualité malgré le fait que j’ai resserré les vis du carter d’huile 1000km auparavant). Il y a également beaucoup de petit garage et des vendeurs de pneu le long des routes.
  • Il y a très fréquemment des grosses zones de travaux avec parfois une circulation « alternée » (l’attente peut facilement durer 15minutes). Nous pensions initialement que le mauvais état des routes était dû à un manque d’entretien et aux grand nombre de poids lourd. Mais en y réfléchissant on se rend compte que les températures vont de +40°C l’été à -40°C en hivers. Pas étonnant donc que les routes soient à ce point défoncées. Confirmation sera faite par un autostoppeur qui nous explique qu’effectivement au printemps, toutes les routes sont en travaux pour réparer les dégâts. Un budget qu’on peut imaginer pharamineux quand on voit la taille du pays ! On ne s’étonnera donc pas que les routes secondaires et les villages ne soient pas goudronnées : il vaut mieux une bonne route de terre qu’un asphalte après une pluie d’obus. L’inconvénient c’est que quand il fait bien chaud et sec un peu de vent suffit à former de gros nuage de poussière aux environs. Et à l’inverse, quand il pleut, le terre se transforme en gadoue. D’où cette image d’une Russie un peu sale et « moyenâgeuse » que beaucoup ont en tête.

La police (omni-présente) et les radars (plus qu’omni-présent, mais parfois factices) sont aussi de la partie. Chose complétement improbable d’après les retours d’expériences que nous avions pu avoir mais pour le moment, nous n’avons été arrêté qu’une seule fois. C’était juste avant Moscou et un simple « FIFA niet, tourism » nous a permis de repartir sans même avoir à sortir nos papiers. [Edit: oups, j’ai parlé trop vite, contrôle un peu lourd pour ce fameux sans interdis, puis contrôle très rapide à la tombé de la nuit 20Km avant la Mongolie]

Enfin, le dernier point auquel nous n’avions pas du tout pensé est le décalage horaire. Bha oui, on y pense quand on voyage en avion, mais surement pas avec un véhicule. Seulement, la Russie, c’est pas moins de 11 fuseaux horaires! Donc en traversant le pays en un mois, on perd une heure tous les 2/3 jours environs. C’est un rythme pas évidant, autant pour nous que pour les enfants.

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